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Art de vivre

Montmartre et le Sacré-Cœur

Là où Paris garde son âme d'artiste.

La rédaction de Pro Guide Media8 min de lecture

The Basilica of the Sacré-Cœur at dusk, its white domes lit above the steps of Montmartre

Photo: Aliva Sahoo / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Il y a un Paris des grandes avenues, des maisons de couture de l'avenue Montaigne, des palais royaux et des salles étoilées. Il y en a un autre, plus doux, plus romanesque, où l'on ralentit pour entendre ses propres pas sur les pavés, sentir le café d'un bar de coin, et se croire soudain entré dans un film français.

C'est Montmartre.

Pour qui est venu bien des fois à Paris, Montmartre n'est plus un lieu à cocher. C'est une expérience vivante de l'art : un matin devant un café comme un écrivain, un après-midi sur les traces des peintres, ou un soir à regarder la ville s'allumer depuis la butte — le moment qui explique pourquoi on appelle Paris la Ville Lumière.

La butte de l'art et des rêves

Montmartre, c'est le mont des Martyrs. Au nord de la ville, cette butte d'environ 130 mètres fut un village hors Paris avant d'y être rattachée.

Mais ce qui a rendu Montmartre immortelle n'est pas son histoire : ce sont les artistes. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, les plus grands talents d'Europe s'y rassemblent. De petites chambres sur la butte, des bistrots ordinaires, des rues tortueuses : c'est là que naissent plusieurs révolutions.

Pablo Picasso habite le fameux Bateau-Lavoir, où il réalise des œuvres décisives de ses débuts et développe le cubisme. Vincent van Gogh vit à Paris avec son frère Théo et se trouve profondément marqué par la lumière et la couleur de la ville. Claude Monet, Pierre-Auguste Renoir et d'autres impressionnistes y trouvent leurs sujets. Et Montmartre est liée à la vie d'Henri de Toulouse-Lautrec, qui a fixé le monde nocturne des cabarets comme le Moulin Rouge avec une énergie de trait inégalée.

On dirait que les peintres viennent de sortir d'un café et qu'ils vont revenir d'un instant à l'autre.

La place du Tertre

Le cœur de Montmartre, c'est la place du Tertre — l'une des rares places de Paris où l'art de rue a gardé un charme classique. Les peintres s'installent sous de petits parasols, palette, pinceaux et portraits encore inachevés devant eux.

Le lieu est bien sûr beaucoup plus connu qu'au temps de Picasso ou de Modigliani. Mais venez à la bonne heure, quand la lumière du matin tombe sur les façades pastel, et vous sentirez encore un peu du vieux Montmartre.

Une suggestion très parisienne : plutôt que de vous presser d'acheter un tableau en souvenir, asseyez-vous à un café de la place, commandez un espresso ou une coupe, et regardez travailler les peintres. C'est un spectacle vivant, qui se joue devant vous.

Le Sacré-Cœur, la pierre blanche au sommet

La basilique du Sacré-Cœur est le grand édifice du sommet. Commencée à la fin du XIXe siècle et achevée en 1914, elle frappe par son architecture romano-byzantine, tout autre que le gothique de Notre-Dame.

La blancheur particulière de son travertin la maintient claire sous le soleil parisien. C'est pourquoi, plus d'un siècle après, elle paraît encore nette et presque hors du temps.

Mais ce qu'on aime le plus n'est pas seulement l'architecture. C'est la vue. Depuis les marches, toute la ville s'ouvre : les toits gris, la tour Eiffel au loin, les avenues qui filent. C'est l'un des plus beaux endroits de Paris pour voir tomber le jour — une coupe, un musicien de rue, et la dernière lumière qui dore la ville.

Là où Paris devient le personnage

Montmartre a toujours attiré le cinéma. Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain a fait du quartier un rêve pour des millions de spectateurs : les petites rues, les cafés, le marchand de primeurs, les coins les plus ordinaires y deviennent un Paris à la fois réel et imaginaire. Qui aime le cinéma s'arrêtera au Café des Deux Moulins, où travaillait Amélie.

Au-delà de ce film, le quartier revient dans nombre de productions françaises et étrangères, pour une atmosphère qui n'appartient qu'à lui : classique, libre, un peu frondeuse.

Où manger

La Maison Rose — l'une des maisons roses les plus photographiées de Paris. Petite, romantique, parfaite pour un déjeuner léger ou un verre de rosé en cours de route.

Le Consulat — l'un des cafés les plus classiquement parisiens de la butte. Sa façade compte parmi les cadrages les plus connus du quartier.

Terrass' Hôtel — un choix plus soigné pour un cocktail ou un dîner avec vue sur les toits.

Pour le Paris d'autrefois, essayez un dîner traditionnel : confit de canard, bœuf bourguignon, ou un plateau de fromages avec un rouge.

Une promenade qui ne se presse pas

Montmartre n'est pas pour ceux qui veulent seulement en voir assez. Il faut la découvrir à pied, avec les yeux, et avec le sentiment.

Laissez-vous perdre dans les petites rues, arrêtez-vous devant une jardinière, écoutez un violoniste au coin d'une rue, prenez un café et imaginez le Paris de Picasso, de Van Gogh, de Renoir et de tous les esprits libres qui ont trouvé leur rêve sur cette butte.

Car Montmartre n'est pas seulement un quartier. C'est là que Paris raconte sa plus belle histoire : celle de l'art, de l'amour, et des rêves qui ne vieillissent pas.

Montmartre et le Sacré-Cœur — la butte des artistes — Pro Guide Media